K-Reen

Le passage

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Qui ne tente rien se laisse crever de faim,
Qui entreprend s'expose aux rires demain,
Plutôt que de se laisser mourir on va se lancer et, au pire,
J'espère que la déception à avaler ne sera pas trop dure,
Mes yeux se ferment, ma mémoire plonge, explore l'espace
Une place où le puissant Rhône, la rivière Saône de leurs bras enlacent
Lyon, Fausses paillettes, strass dégueulasse vivant en stress.
Garce fonctionnant pour sa jeunesse à deux vitesses.
Pour les uns, les honneurs du festin, aux autres, les restes, peste!
Tout est mal, la froideur banale les bonnes volontés testent.
S'acharnent jusqu'à refroidir les plus belles ardeurs, la vie dure
Nous oblige à garder la musique derrière les murs.
Sur cette triste note, on opte pour l'attaque de front, se développe
De part et d'autres, des stratégies d'assaut, tous pour le son,
Les Lyonnais du rap n'ont plus l'temps de pleurer
De se leurrer, faut survivre, perdurer, cesser d'être muré.
Soyons mûrs et nos murmures se feront clameur,
Égaleront en ardeur l'intensité des purs tueurs,
L'heure du réveil sonne, fin de la torpeur,
Changement de comportement. Ceci s'adresse aux éléments de valeur,


Refrain
Qui ne tente rien reste en chien le long du chemin,
Les miens tiennent le bon bout, veulent voir sourire demain, y'a moyen
Du cul de sac, on fait une voir royale, trouve un passage,
Le passage, notre passage


Ici, y'a rien pour moi j'avoue que je crois,
Qu'on s'arrange pour que, sur le vent, se serrent mes phalanges,
Dans cette ville, le rap dérange. Ils donnent le change,
Avec des politiques bidons,
Ou font de nous les otages des subventions,
Leur but: récupérer nos créations, tout le monde sait
Que sans moyens, y'a pas de pouvoir de décision,
Dès lors apparition d'un sous-Hip Hop de socialisation,
Pour animaux de banlieues sauvages, différentes cages,
Pour ce pera d'égout, les MJC canalisent,
Analyse, c'est le fruit de notre manque d'initiative,
Nos prédécesseurs n'osèrent mettre en place des structures sûres,
Maintenant ceux qui avancent du vide sentent la morsure,
C'est le désert à coup sûr, mais on s'en sort, si on se sert
De la maille, la travaille, pour aller de l'avant, on blinde l'arrière
Pour être indépendants on pose les francs,
Je crois que c'est de bonne guerre, frère


Refrain


Le passage, pour le moment, on se situe bien entre nulle part et rien,
De là on part, on est sur le chemin,
La route de la reconnaissance, nouvelle naissance,
Toutefois pas question de prendre confiance, de perdre conscience,
Qu'ici y'a pas de lieux ni d'événements coup d'feu
Faut que toutes les forces s'unissent pour amener de sang neuf.
Faut que se taisent les chichiteux et les conteurs de bluff,
Faut que la foule applaudisse pour les groupes, balance ruff,
Plus de temps pour les petites critiques, les guerres intestines,
Les gars doivent choper la trique, donner leur estime.
À prendre place dans la galerie de portraits du rap, on se destine.
Portant fièrement tête de fauve, notre blason, sur la poitrine,
Pour qu'au firmament, tout l'monde amène les couleurs de la ville,
Au firmament, on amène les couleurs de la ville,
1998, IPM force le péage, s'ouvre son passage