Véronique Pestel

Les mains blanches

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Blanches et fines sont les mains
Des vieux intellos dans les trains
Que disent-elles ?
Ne disent rien
Elles se taisent, elles sont bien

L'une sur l'autre posément
Sur la serviette en caïman
Elles se reposent
Elles ne font rien
Les mains des maîtres dans les trains

Je les regarde et j'imagine
La vie de ces mains de platine
Combien de livres
Combien de corps
Ont-elles couverts qu'elles aiment encore ?

Sont-elles pauvres ou sont-elles riches
D'un grand amour ou d'une friche ?
Longues et belles,
Qu'ont-elles tenu,
Qu'ont-elles gardé, qu'ont-elles perdu ?

Blanches et fines sont les mains
Des vieux intellos dans les trains
Rêve de paresse
Quête de somme
Chiffres ou lettres qu'ont fait ces hommes

Qu'ont-ils fait, que n'ont-ils pas fait
Pour avoir ces mains de parfaits
Ces pattes lisses
De musicien
De prof ou de politicien ?

Je les regarde et je devine
Des lignes de fuites qui me font signe
Entre les pièges
Qu'elles ont déjoués
Et les manches qu'elles n'ont pas jouées

Contre la terre et des outils
Contre la poussière de la vie
Qui se dépose
Qui s'accumule
Se décompose et nous macule

Mais blanches et fines sont les mains
Des vieux intellos dans les trains
Que disent-elles ?
Tout un tintouin
Tout un toutim à mon calepin

Je les regarde et je dessine
Des signes de ma vie dans leurs lignes
Des ailes d'ongles pâles, de griffes
Voguant sur l'onde d'un certif

Je les regarde et je repense
À toutes les mains de mon enfance
Blanches de lessive
Ou noires de suie
Dures à la tâche mais douces, douces
Blanches de lessive
Ou noires de suie
Dures à la tâche, douces à mes tifs

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