Octobre le doux allumait des couleurs
que lentement il éparpillait au hasard.
Bouleaux, lauriers, ormeaux et hêtres, châtaigniers
recevaient des jaunes, des verts, des ocres, des rouges légers.
Un vent petit remuait la ramée,
un son suave emplissait la clarté de l'air,
une lumière morbide voilait le matin.
Comment oublier ce moment de plaisir?
Je me rappelle bien la lointaine rumeur,
empreinte brève de la vie de la ville,
enclos de la tromperie du trafic des humains,
coussin silencieux de cette heure et de ce lieu.
Moi promeneur je jouissais du beau temps
bien accordé avec tout mon entourage.
passé, futur n'étaient guère présents.
L'instant qui fuit rendait pleine ma vie.
J'ai entendu des voix presque à côté de moi,
la dernière partie d'un dialogue plus long.
-Viens avec moi,
je ne ferai rien que tu ne veuilles.
-Non.
-Pourquoi?
-Parce que je ne te connais pas encore suffisamment.
-Cela peut être une façon de me connaître davantage.
Viens avec moi,
Je ne ferai rien que tu ne veuilles.
-Je suis très jeune et j'ai le temps.
-Mais moi, je n'ai pas le temps. Desormais le temps
me tient, moi.
Viens avec moi. Où tu voudras.
Avec moi.
-Mes mains ont du plaisir
à caresser tes cheveux.
-Ils blanchissent déjà.
-Tes yeux ont des regards
de surprise et de désir.
Ce sont des regards d'enfant.
-J'ai le double de ton âge.
-Tu étreins avec force et tendresse en même temps.
-Tes seins sont petits et pleins,
ta peau est du raisin.
-Tu sembles très propre
et j'aime l'odeur de ton corps.
Tu m'étreins et je t'étreins.
Ici appuyés au tronc de l'arbre
nous devons sembler un couple bien étrange.
-Viens avec moi.
je ne te ferai rien que tu ne veuilles.
-Non, Je ne te connais pas suffisamment, t'ai-je dit.
Il se fait tard.
Je dois m'en aller.
-Pas encore. Reste.
-Adieu.
-Adieu, douceur et jeunesse.
Tes yeux ont la couleur
que le soleil du matin dépose
parmi les branches les plus hautes des arbres.
-Adieu, monsieur
-Adieu, jeune fille.
Je n'ai pu, ni ne veux, effacer de mes yeux
toutes les couleurs des arbres que j'ai regardés.
Belle chanson encore à chanter,
Danse lointaine qui jamais n'a été dansée.
Il était une fois un enfant
aux yeux bien ouverts et à l'ouïe éveillée.
Cet enfant, ingénu et inquiet,
vit dans le corps, le corps précaire d'un homme.
Octobre le doux allumait des couleurs
que lentement il éparpillait au hasard.
Bouleaux, lauriers, ormeaux et hêtres, châtaigniers
recevaient des jaunes, des verts, des ocres, des rouges légers.
En este mundo actual dominado por una élite de tiburones ávidos de sangre y dinero, forjadores de un mundo autoritario, genocida, explotador y censor, Silvio nos trae desde su bloqueada isla, nuevas y viejas canciones como si hubieran sido escritas anteayer para darnos un abrazo de esperanza, esperanza, esperanza blanca, roja o negra pero con amor.
Durante el periodo de la Unidad Popular en Chile, la efervescencia creativa dio lugar a proyectos artísticos ambiciosos. Entre ellos destaca Los Siete Estados, un ballet concebido por el coreógrafo y director del Ballet Nacional Chileno, Patricio Bunster, que reunió en un mismo espacio de experimentación al cantautor Víctor Jara, al compositor peruano Celso Garrido-Lecca, al Ballet Nacional, a la Orquesta Sinfónica de Chile y a una nómina imprescindible de la Nueva Canción Chilena y movimientos afines: Inti-Illimani, Isabel Parra, Los Blops, Patricio Castillo y el grupo cubano Manguaré.