Le pluriel


"Cher monsieur, m'ont-ils dit, vous en êtes un autre",
Lorsque je refusai de monter dans leur train.
Oui, sans doute, mais moi, j'fais pas le bon apôtre,
Moi, je n'ai besoin de personn' pour en être un.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les noms des partants on n'verra pas le mien.

Dieu! que de processions, de monomes, de groupes,
Que de rassemblements, de cortèges divers, -
Que de ligu's, que de cliqu's, que de meut's, que de troupes!
Pour un tel inventaire il faudrait un Prévert.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Parmi les cris des loups on n'entend pas le mien.

Oui, la cause était noble, était bonne, était belle!
Nous étions amoureux, nous l'avons épousée.
Nous souhaitions être heureux tous ensemble avec elle,
Nous étions trop nombreux, nous l'avons défrisée.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Parmi les noms d'élus on n'verra pas le mien.

Je suis celui qui passe à côté des fanfares
Et qui chante en sourdine un petit air frondeur.
Je dis, à ces messieurs que mes notes effarent :
" Tout aussi musicien que vous, tas de bruiteurs! "

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les rangs des pupitr's on n'verra pas le mien.

Pour embrasser la dam', s'il faut se mettre à douze,
J'aime mieux m'amuser tout seul, cré nom de nom!
Je suis celui qui reste à l'écart des partouzes.
L'obélisque est-il monolithe, oui ou non?

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Au faisceau des phallus on n'verra pas le mien.

Pas jaloux pour un sou des morts des hécatombes,
J'espère être assez grand pour m'en aller tout seul.
Je ne veux pas qu'on m'aide à descendre à la tombe,
Je partage n'importe quoi, pas mon linceul.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Au faisceau des tibias on n'verra pas les miens.

(1966)

Versión de Georges Brassens
Idiomas

Esta canción aparece en la discografía de
LO + LEÍDO
1.
Quince años del cancionero y la discografía de Violeta Parra, el proyecto que ayudó a ordenar su obra
[13/07/2026] por Xavier Pintanel

El Cancionero y Discografía de Violeta Parra, impulsado por cancioneros.com, continúa siendo una de las investigaciones documentales más importantes dedicadas a la universal artista chilena. Cuatro años de investigación permitieron recuperar 520 canciones, reconstruir su discografía, corregir numerosos errores históricos y fijar datos fundamentales sobre una de las figuras esenciales de la música latinoamericana.

2.
La comparsa Bantú celebra su 10º aniversario con el mayor desfile de llamadas de candombe jamás hecho fuera de Uruguay
[25/07/2026] por Manel Gausachs

El pasado 18 de julio de 2026 se reunieron 11 comparsas de todo el territorio español en la pequeña localidad de Palau-Solità i Plegamans, a 25 km de Barcelona. Una concentración carnavalera uruguaya que finalizó con un concierto de todo un referente de este género musical afrouruguayo, Eduardo Da Luz.

3.
«Zorba: música y palabra», un homenaje escénico a la novela inmortal de Nikos Kazantzakis
[15/07/2026]

La actriz Tilda Espluga y el guitarrista griego Manolis Androulidakis estrenan en Cataluña un espectáculo que une literatura y música para conmemorar los ochenta años de Zorba el griego, dentro de la programación del festival Perifèria Cultural.

4.
«Pájaro azul. Cartas desde el exilio» recupera la correspondencia inédita de Mercedes Sosa durante la dictadura argentina
[21/07/2026]

Paripé publica Pájaro azul. Cartas desde el exilio, un volumen que reúne las cartas que Mercedes Sosa escribió entre 1978 y 1981 durante su exilio forzado. Editado por Araceli Matus, Agustina Pérez Rial y Graciela Goldchluk, el libro ofrece una mirada inédita sobre la dimensión más íntima de la cantante y da origen también a un documental y una exposición.

5.
«Cançons del Grec» celebra medio siglo de música en una noche única en el Teatre Grec
[21/07/2026]

Más de treinta artistas participaron en un concierto con todas las entradas agotadas que recorrió cincuenta años de historia del Festival Grec de Barcelona a través de la canción. La coproducción del TRESC (Abacus), el Grec Festival de Barcelona y el Taller de Músics reunió sobre el escenario voces de distintas generaciones y tradiciones musicales en un espectáculo concebido como una dramaturgia colectiva.